Adam de Craponne
En Provence, le problème de l'eau est une préoccupation majeure des hommes. La sécheresse méditerranéenne, l'irrégularité des sources et leur faible débit ont contraint les hommes à trouver des solutions pour remédier à l'absence de l'eau.
Oeuvre maîtresse d'Adam de Craponne, le canal qui porte son nom aujourd'hui encore, est au XVIe siècle une construction qui marque les débuts des grands travaux hydrauliques.
En 1518, Guillaume Craponne, le père d'Adam, commerçant, s'installe à Salon.
Guillaume a quatre enfants, Adam naît en 1525, il est le deuxième fils. Instruit par les religieux de Salon, il se montre très tôt inventif et doué pour les mathématiques.
En marge de la carrière militaire à laquelle sa famille le destine, une idée l'obsède : contraindre la Durance à irriguer le terroir salonais par la création d'un canal qui le relierait à l'étang de Berre. Adam de Craponne souhaite doter son pays d'une multitude de canaux qui permettront de compenser la rareté des pluies d'été et ainsi développer la culture de l'olivier, principale ressource du pays à l'époque.
Cet ingénieur hors norme réussit une première partie de son projet lorsque, le 20 avril 1559, le canal de Craponne est inauguré. Il réalise une dérivation des eaux de la Durance, par un canal long de 23 kilomètres ! L'eau, récupérée entre Saint-Estève-Janson et La Roque-d'Anthéron, parcourait le canal de Craponne jusqu'à Lamanon. A cet endroit, l'ingénieur avait pour projet de dévier en deux branches le canal : la première partant par le sud permettait d'irriguer la commune de Salon, mais aussi les communes voisines. L'autre branche, longeant quant à elle le nord de la plaine de la Crau, devait irriguer une zone partant d'Eyguières et allant jusqu'à Arles.
Malheureusement, Adam de Craponne ne put voir que la première branche, la seconde ne fut terminée qu'au XVIIIème, sous le nom de canal des Alpilles. Ce succès permit au pays salonnais de développer ses cultures, et particulièrement celle de l'oliviers, principale ressources alors de la région.
Façonnant toute une économie dominée par l'agriculture et l'élevage, le canal a vu également sur ces rives l'implantation de nombreux moulins, jusqu'au quartier de la Roquette, où sa branche arlésienne rejoint le Rhône. Cet apport permanent d'eau et d'alluvions a fait de la Crau d'Arles un des meilleurs terroirs du pays, cette Crau dite 'humide' où se cultive aujourd'hui un foin d'une rare qualité, désormais classé en A.O.C.
La mort d'Adam de Craponne, en 1576, restera toujours un mystère. Il aurait été empoisonné par des ingénieurs italiens jalousant son génie et sa popularité auprès des Nobles, près du lac de Grand-Lieu, au sud de la Loire, alors qu'il se préparait à consolider les fortifications de Nantes en vue d'établir un nouveau canal, appelé par le roi Henri III l'année d'avant.
Son oeuvre, complétée après sa mort, étend aujourd'hui encore ses ramifications au-dela du pays salonais, vers St-Chamas, Eyguières et même jusqu'à Arles. Adam de Craponne aura vécu 50 ans.


